Le temps du phénix
Bonnes feuilles


 


"Sous les huées et les vivats"

Les Champs-Élysées avaient été fermés à la circulation mais les trottoirs étaient noirs de monde. Une masse mouvante de manifestants criant des slogans et brandissant des banderoles s’étendait de part et d’autre de la chaussée, contenue par des barrières de sécurité et un impressionnant dispositif de policiers et de gendarmes mobiles. De la foule montait une clameur confuse d’où émergeaient sifflets et applaudissements. La personnalité visée par ces manifestations mêlées de fureur et de ferveur se trouvait à l’intérieur d’une voiture officielle de la République française. En ce 15 mai 2017, le président nouvellement investi effectuait la remontée solennelle et traditionnelle de la principale avenue de la capitale sous les huées de ses opposants et les acclamations de ses soutiens...

 

"À armes égales"

Cette manipulation médiatique de l’opinion par le recours aux sentiments avait été anticipée par l’Agence nationale de communication qui avait prévu de contrer l’opposition en utilisant ses propres méthodes. Aussi avait-elle préparé de nombreux documents vidéo... Ces reportages, diffusés sur France 2 et largement repris sur l’internet, ne passèrent pas inaperçus... Pour la première fois, des informations mettant en cause la politique d’immigration menée jusqu’alors étaient présentées aux Français sous une forme aussi percutante que celles habituellement diffusées pour servir le politiquement correct. Leur impact sur nos compatriotes fut donc considérable. Mais elles provoquèrent dans le même temps une vive polémique : leur authenticité fut mise en cause et leurs auteurs accusés d’attiser la haine et la xénophobie. Pour autant la parole avait été libérée grâce aux ordonnances Démocratie et Liberté et, pour la première fois, le débat sur l’immigration se déroula à armes égales...

 

"Est-ce là l'Europe qu'ils veulent ?"

Le 20 décembre, le président intervint à la télévision pour expliquer aux Français les mesures prises et dénoncer les remontrances de la Commission. Il indiqua que la situation était devenue critique, que les institutions de l’Union n’étaient plus crédibles et qu’une rénovation était désormais indispensable, rénovation sans laquelle l’Union européenne deviendrait invivable. Il annonça donc que la France cesserait de participer aux instances de Bruxelles tant qu’un processus de refondation ne serait pas entamé. Et, pour frapper les esprits, il avait fait préparer une représentation géographique de l’Union d’où la France avait été retirée, montrant ainsi la place centrale qu’elle occupait en Europe. Désignant donc cette carte défigurée par un vide au cœur du continent, il lança aux téléspectateurs :
— Est-ce là l’Europe qu’ils veulent ?...

 

"Des kilomètres de carcasses calcinées"

Vers 23 heures, prenant les forces de l’ordre au dépourvu, les bandes étaient sorties de la ville pour gagner l’autoroute qui longe les immeubles. Des jeunes gens excités étaient descendus sur la voie et avaient commencé à arrêter les voitures, à en faire sortir les automobilistes, à les molester et à les racketter. Puis, des véhicules avaient été incendiés et, comme un embouteillage s’était produit et que le vent soufflait, le feu avait gagné de proche en proche des centaines de voitures, créant ainsi un immense brasier. Ensuite... d’autres bandes avaient imité celles de Cartigny et allumé de nouveaux incendies sur l’autoroute... Le lendemain matin, plusieurs kilomètres de voies se trouvaient couverts de carcasses calcinées...

 

"Sortie de crise"

Jubert prit ensuite la parole pour proposer de lancer une campagne d’opinion sur le thème de « la sortie de crise ».
— Depuis deux ans, notre politique porte enfin ses fruits, déclara-t-il. Les prélèvements ont été réduits, la réglementation a été allégée, le cours de l’euro est devenu incitatif et les mesures douanières aux frontières de l’Union contribuent à rééquilibrer les coûts par rapport aux pays émergents. Dès lors, les indicateurs sont maintenant tous au vert. C’est le cas du chômage, en baisse continue depuis quatorze mois avec un taux qui vient de passer au-dessous des 9 p. cent. Quant à la croissance, elle va atteindre les 2,5 p. cent pour l’année...